Carnet d’adresses à Paris 18e

Longtemps, Pigalle et Montmartre ont été hors de Paris. En 1859, la Butte intégrait la capitale qui passait alors de onze à vingt arrondissements. Le 18e était né. Celui que l’on assimile toujours aujourd’hui uniquement à Montmartre va bien au-delà des frontières de la colline. D’un côté, le quartier des Grandes Carrières tient son nom des anciennes carrières de gypse que l’on creusait dans le relief. De l’autre, les quartiers de la Goutte d’Or et de la Chapelle dévoilent un visage métissé et subissent de grands changements qui en font maintenant des quartiers en vogue. Partout dans le 18e se dégage une atmosphère de village. Un village où l’on se parle, où l’on commerce, où l’on se promène, dans un décor coloré qui continue de faire rêver des millions de touristes. Derrière cette image de carte postale d’un Paris bucolique, le 18e cache un visage dynamique que les locaux savent apprécier.

@ibogalito

Galeries d’art, bistrots contemporains, bars festifs, boutiques branchées, terrasses ensoleillées… Tout y est pour savourer la vie parisienne jusqu’à l’os sans sortir des limites de l’arrondissement. C’est un peu comme si tout Paris se retrouvait ici, entre la Place Clichy et la Porte de la Chapelle. À travers ce guide, découvrez mon 18e à moi, et profitez-en pour créer le vôtre !

 

©Lucas Lahargoue

L’auteur :  Originaire du Pays basque, Lucas Lahargoue vit à Paris entre ses voyages à répétition aux quatre coins de la Planète. Le 18e est son village depuis 7 ans et il ne se verrait pas vivre ailleurs dans la capitale. Curieux, ouvert et gourmand, il prend plaisir à traîner ses guêtres dans tous les recoins de l’arrondissement, entre chaque retour dans le Sud-Ouest ou chaque départ pour l’autre bout du monde. N’hésitez pas à suivre ses aventures sur : @ibogalito

 

 

 

Carnet d’adresses

La culture du 18e arrondissement

Musées, galeries, salles de spectacles, festivals… Difficile de s’ennuyer dans le 18e. Dans cette ville qui est elle-même une définition de la culture, les contours de Montmartre regorgent de lieux historiques ou plus récents, traditionnels ou originaux, dans lesquels on vient s’aérer l’esprit et se tenir au courant des tendances artistiques. L’Institut des Cultures d’Islam est une fenêtre ouverte sur le monde musulman, la Boule Noire, une salle intimiste où l’on communie au plus près de chanteurs en tout genre et la fête des vendanges exalte chaque automne l’esprit convivial du Montmartre historique. Autour d’une œuvre d’art contemporain, d’un concert de rock ou d’un verre de vin, voilà une sélection d’adresses où se nourrir le cerveau, sans pour autant mourir de soif.

 

©Lucas Lahargoue

L’incontournable Galerie Young Artist Montmartre  

Au sommet de la Butte, à peine à l’écart des flots de touristes, cette petite galerie d’art contemporain et urbain a pris ses aises en 2017, dans les murs de l’ancienne galerie Roussard qui exposait des peintres populaires de Montmartre. Julien Roussard et son épouse, Sophie, héritiers de l’endroit, ont décidé d’y présenter le travail de Codex Urbanus, Ardif, Jaeraymie ou Marion Harduin, entre autres, jeunes artistes originaires du quartier, ou qui s’expriment habituellement sur les murs des rues du 18e.

 

7, rue du Mont Cenis
Lundi-samedi 11 h-13 h & 14 h 30-18 h 30
Fermé mercredi et dimanche Gratuit
Tél. 01 46 06 30 46
Métro 12 : Lamarck-Caulaincourt
www.yam-galerie.com

 

 

 

 

Le + Festif : La Fête des Vendanges

Quand l’automne bat son plein, Montmartre fête son vin. Tout le monde ne le sait pas, mais un carré de vignes est planté au croisement de la rue des Saules et de la rue Saint-Vincent. Plus de 1 700 pieds de 30 cépages différents poussent sur cette parcelle bien raide de 0,15 hectare, au nord de la Butte. La récolte du raisin en elle-même n’est pas un événement public. Le vin est ensuite pressé dans les caves de la mairie du 18e, mais depuis 1934, la Fête des Vendanges célèbre l’arrivée des cuvées issues de ce clos unique. Défilé des confréries, marché gourmand et feu d’artifice sont au programme de ce beau week-end d’octobre qui anime tout le 18e arrondissement et fait partie des plus grands événements parisiens.

 

@ibogalito

Un week-end en octobre

Programmation : www.fetedesvendangesmontmartre.com  

 

 

 

 

 

 

 

Shoppez dans le 18e

@ibogalito

 

L’incontournable Brasserie de la Goutte d’or

Le 18e a sa bière depuis 2012 déjà, brassée en plein cœur de la Goutte d’Or dont elle a pris le nom. Chaque bière fabriquée et vendue ici porte une appellation qui fait référence au quartier : la Château-Rouge est une rousse pimentée, la Ernestine est une IPA, la Chapelle est une bière de blé au chai, etc. Thierry Roche qui travaille principalement seul dans sa brasserie teste de nouvelles formules régulièrement.

@ibogalito

28, rue de la Goutte d’Or
Visites et vente sur place : jeudi & vendredi 17 h-19 h,
samedi 14 h-19 h
Tél. 09 80 64 23 51
Métro 2 & 4 : Barbès-Rochechouart
www.brasseriedelagouttedor.com

 

 

 

 

 

Le + Wax : Maison Château Rouge

Face au shop Sawa Shoes, une boutique présente les créations de Maison Château Rouge. Cette marque pop et lifestyle créée par trois frères propose des vêtements colorés inspirés de la culture africaine, mais arrangés dans un esprit contemporain. Les robes, jupes, t-shirts, pantalons ou chemises de la marque sont imaginés ici dans le quartier de la Goutte d’Or et réalisés entre Paris, l’Europe et l’Afrique. En plus des collections régulières, des collaborations sont mises en place avec d’autres grandes marques de prêt-à-porter. Depuis sa création en 2015, le label Maison Château Rouge ne cesse de se développer et de faire son trou dans le milieu rude de la mode parisienne.

@ibogalito

40, rue Myrha
Lundi 11 h-19 h
Mardi-samedi 11 h-19 h
Chemise 145 €
T-shirt 31 €
Pantalon Chino 130 €
Métro 4 : Château Rouge
www.maison-chateaurouge.com

 

Sortez dans le quartier

 

Boire, manger, manger, boire… Que l’on soit amateur de fourchette ou de lever de coude, les alternatives ne manquent pas dans le 18e. Tout seul le matin avec un bon café, en duo le midi pour un déjeuner de travail, à trois en fin de journée pour un apéritif ou à quatre le soir pour un bon dîner, difficile d’y voir clair tant l’offre « gastro/bistro-nomique » est vaste. Voici une sélection de valeurs sûres, histoire d’aller droit au but.

©Lucas Lahargoue

 

L’incontournable Francis Labutte

Avec ses murs jaunes et sa terrasse protégée, Francis Labutte est une institution pour la jeunesse montmartroise. Le bar donne sur la rue Caulaincourt où le trafic est dense et l’animation perpétuelle. La clientèle a tendance à affluer en fin de journée. Il faut dire que     « Chez Francis », une portion de frites maison accompagne votre pinte de Grolsch pour 5 € en happy hour ! Pas étonnant de voir la terrasse pleine entre 18 h 30 et 20 h. Mais rassurez-vous, on trouve toujours une petite place chez Francis, dedans ou dehors, le midi ou le soir. Le service y est aimable, les prix honnêtes et les plats sont corrects si vous souhaitez continuer après l’apéro.

@ibogalito

 

122, rue Caulaincourt
Tous les jours 8 h-2 h
Tél. 01 42 23 58 26
Métro 12 : Lamarck-Caulaincourt

 

 

 

 

 

Le + Green : L’abattoir végétal

Voilà un abattoir qui ne fait de mal à personne ! Si ce n’est aux fruits, légumes ou champignons qui passent sous la lame de Gloria Kabé, jeune cheffe inspirée de cette jolie adresse 100 % végétarienne, végane même, sans gluten, bio, healthy et tout ce qui s’en  suit !

61, rue Ramey
Mardi 9 h-22 h
Mercredi-vendredi 9 h-22 h 30
Samedi 10 h 30-22 h 30
Dimanche 11 h-16 h 30
Formule midi 18 €
Tél. 01 42 57 60 62
Métro 12 ou 4 : Marcadet-Poissonniers

@ibogalito

 

Loisirs et escapades dans le Paris 18e

 

Bien qu’immergé en plein cœur de la métropole, le 18e est un arrondissement de Paris où l’on respire. La vie file ici à un rythme différent. De nombreuses adresses sportives permettent de s’entretenir et de garder une bonne condition physique. De jolis parcs et jardins aident à s’aérer l’esprit et d’intéressants circuits de promenades dévoilent des recoins parmi les plus charmants de la capitale. Florilège.

©Lucas Lahargoue

 

L’incontournable Au pied de la Butte

La balade prend son élan au métro Blanche. La rue Lepic grimpe lentement sur les premières pentes de la Butte. De part et d’autre de la chaussée, beaucoup de commerces et quelques bars annoncent un quartier très animé. Au n° 15, le café des deux moulins vous replonge dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain mais au n° 29, le Gisou est plus moderne et sa terrasse est agréable. La rue des Abbesses mène ensuite au métro éponyme, avec son cortège de bars et boutiques. On y croise le théâtre des Abbesses puis l’originale église Saint-Jean, construite en ciment armé, en briques et en céramique. De l’autre côté de la jolie place, le square Jehan-Rictus abrite le mur des je t’aime, cette œuvre de Frédéric Baron et Claire Kito devenue un lieu de rendez-vous pour les amoureux du monde entier. La rue d’Orsel s’étire ensuite du bas des Abbesses jusqu’au quartier du marché Saint-Pierre en passant par le Théâtre de l’Atelier. Certains s’arrêtent dès Steinkerque quand apparaît au loin la silhouette du Sacré-Cœur, au sommet de la butte.

@ibogalito

Le relief est doux dans l’ensemble mais les trottoirs souvent bondés et les rues pavées.

 

Le + tortueux : Au hasard de la Goutte d’Or

La station Château Rouge est la meilleure porte d’entrée pour s’immerger dans le quartier de la Goutte d’Or. Une fois sorti du métro, il n’y a qu’à emprunter la rue Dejean pour se sentir déjà ailleurs. Chaque jour, les étals des commerçants sont déployés sur la rue piétonne prenant des allures de marché à ciel ouvert. En remontant la rue des poissonniers sur quelques mètres, on rattrape la rue Myrha où l’on croise la librairie La Régulière, les boutiques Sawa Shoes et Maison Château Rouge. La cave à vin de Don Doudine mérite aussi une halte au n° 16. Ensuite en virant d’un côté, pourquoi ne pas aller déguster le couscous ou la choucroute à 8 € au restaurant de Rachid Arar dans la cour de l’Institut des Cultures d’Islam, rue léon. Sinon, virer vers la rue Cave, jeter un œil à l’Echo-Musée cargo 21 avant de rejoindre la belle église Saint-Bernard de la Chapelle plantée au milieu du quartier et classée Monument historique depuis 2015

Le quartier est petit mais animé et plein de jolies adresses.

Prévoir une bonne demi-journée pour prendre le temps et s’imprégner de l’atmosphère des rues.

 

Le + contemporain :  Le Jardins Rosa-Luxembourg

Le long des voies ferrées de la Gare du Nord, la Halle Pajol abrita les douanes et messageries des chemins de fer de l’est à partir de 1926. Aujourd’hui rénovée et transformée, elle abrite sur son côté nord de jolis jardins inaugurés en 2014. Ils portent le nom de la militante socialiste allemande Rosa Luxembourg. Sur 9000 m2 (dont 2500 sous la Halle), on se promène à travers des parterres d’espèces végétales variées en harmonie parfaite avec la structure industrielle de la Halle, pourtant imposante. L’alliance entre le végétal et le fer est réussie. Les Jardins Rosa Luxembourg offrent un paysage ultra contemporain dans un quartier en plein renouveau.

@ibogalito

 

63, ter rue de Riquet ou 18-22 rue Pajol
Lundi-vendredi 8 h-18 h
Samedi-dimanche 9 h-18 h (Fermeture à 17 h en hiver)
Métro 12 : Marx Dormoy

 

 

 

Pour aller plus loin : 

Pour aller plus loin

Paris 18e

Lucas Lahargoue

Auteur Nomade expatrié