Carnet d’adresses à Bali

Le son du gamelan transperce le silence. Embaumé par l’odeur de l’encens, le trafic s’est figé. À l’angle de la rue, les femmes drapées de sarong et de kebaya font leur entrée, majestueuses, élégantes, elles arborent les offrandes délicatement posées sur leur tête. En ligne, elles avancent vers le temple. Le temps s’est arrêté. Encore une cérémonie. Encore des offrandes, aux dieux et aux démons, pour respecter l’équilibre. Sur la droite, des rizières d’un vert dansant. Au loin, le mont Agung fume, montagne sacrée, volcan bouillonnant. La clochette du prêtre tinte par-delà les murs. Des Balinais doivent prier quelque part, pour le bien et pour le mal, pour la nature, pour les hommes, pour les dieux et les démons, pour l’harmonie. Il y a comme de l’électricité dans l’air, une énergie salvatrice. Puis les moteurs ronronnent à nouveau, la procession est passée, la voie est dégagée, le temps est reparti. Bali est l’une des milliers d’îles qui composent l’archipel le plus grand du monde : l’Indonésie. C’est un véritable paradis sur terre. Elle se fait appeler l’île bénie des dieux. Ici, les hommes sont gentils et souriants, les femmes sont belles et de caractère. Les lacs et les villages pittoresques font place à une végétation luxuriante. La température est idéale tout au long de l’année et la cuisine raffinée n’attend que d’être honorée. C’est une destination qui ne laisse personne indifférent.

Installé à Bali depuis six ans, Alexis est venu d’Inde pour monter le bureau de l’agence de voyage Shanti Travel en Indonésie. Aventurier mais pas téméraire, il est de ces curieux qui prennent le temps d’observer, d’écouter et de s’émerveiller. Il a vécu à Dijon, Paris, Londres, Reading, Leeds, Mayotte, Calcutta, Delhi et Bali, et dit souvent qu’il est plus excitant de vivre dans un pays que d’y voyager. Parmi ses nouveaux projets, il organise et guide des expéditions à la rencontre des peuples les plus reculés du monde.

Le carnet d’adresses 

Côté Mer à Bali

Bali est tournée vers les cieux, en direction du mont Agung, volcan sacré. Les Balinais ont toujours craint la mer, porteuse de maux, d’invasions, de tsunami, de tempêtes. C’est pourquoi « côté mer », vous trouverez davantage de modernité, et parfois quelques villages de pêcheurs, pas toujours balinais. Vous y trouverez aussi les surfeurs. Peu de Balinais, quelques Indonésiens, mais surtout beaucoup d’Australiens et autres étrangers qui ont été parmi les pionniers du tourisme à Bali. Côté sud-ouest, il y a de magnifiques couchers de soleil sur l’océan, c’est plutôt la côte des bons restaurants et des fêtards. Côté sud-est, il y a de superbes levers de soleil. C’est plutôt la côte des familles et des retraités. À chacun son Bali « côté mer », si ce n’est peut-être pour les Balinais qui continuent à lui tourner le dos.

Un incontournable

Le surf à Keramas

C’est le nouveau spot des surfeurs confirmés de Bali. Certains pensent que c’est le nouveau Kuta. Une longue plage de sable noir volcanique avec quelques restaurants et hôtels aux alentours. Les surfeurs viennent ici pour l’imposante vague de récif. Mieux vaut venir tôt le matin, avant que le vent ne se lève et que la vague ne soit trop grosse et dangereuse. Vous y rencontrerez parfois des surfeurs professionnels de renom. Pour les non-surfeurs, vous pourrez juste tremper les pieds dans l’eau, pas de baignade possible. Installez-vous confortablement avec une noix de coco fraîche et admirez le spectacle des surfeurs.

Jalan Pantai Keramas
– Keramas, Bali sud

Le + insolite

Accompagner les pêcheurs à Amed

Aventuriers amoureux de la mer et plongeurs, un passage dans la région d’Amed est une étape à ne pas manquer. Restez au moins 2 nuits. En fin d’après-midi, baladez-vous sur les plages à la recherche des pêcheurs et demandez à l’un d’eux de vous emmener avec lui au petit matin sur son jukung , petit bateau de pêche à voile et à balanciers. Sur l’horizon dansent les voiles au rythme des vagues. Derrière vous, les plages de sable noir, les monts verdoyants et le volcan Agung que l’astre du jour illumine petit à petit…

Tous les jours sauf les jours de pleine lune
Plages d’Amed, Jemeluk, Bunutan ou Lipah – Amed, Bali est

Côté Nature à Bali

La couleur qui prédomine à Bali, c’est le vert. La jungle, les rizières, les palmiers, les cocotiers, les bananiers, les frangipaniers, les arbres fruitiers… Mille et une nuances de vert pour ce palais de la nature, où les Balinais ont fait naître toutes sortes d’agricultures entre monts et forêts primaires, avec harmonie et structure. L’alliance des terres volcaniques et de l’abondance en eau du climat des tropiques semble avoir un effet, pour ainsi dire, magique. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Le langage des fleurs et des choses muettes vous invite au voyage. Les cascades, les volcans, les rizières et forêts voient dérouler vos rêves.

Un incontournable

Sangeh Monkey Forest

Nombreux sont les lieux où vous pouvez observer les macaques à Bali. Le plus connu et le plus fréquenté est la forêt des singes d’Ubud (Ubud Monkey Forest) et nombreux sont les visiteurs chaque jour. Si vous préférez fuir les foules, rendez-vous à la forêt de singes de Sangeh. Elle est située à environ 45 minutes d’Ubud, sur la route menant à Bedugul et les lacs volcaniques. Comme partout à Bali, les singes sont farceurs et parfois agressifs. Ils aiment bien les lunettes et fouiller dans les poches et les sacs. Ne vous en approchez pas trop. Cette forêt sacrée est peu étendue mais plantée de muscadiers gigantesques. On s’y sent tout petit. En son coeur trône un temple charmant. La visite complète du site prend moins d’une heure, à moins qu’il vous prenne l’envie de méditer en ce lieu singulier.

7 h 30-18 h
15 000 IDR par personne
Jl. Brahmana – Sangeh, Bali centre

Insolite

La cascade d’Aling Aling

Je me souviens encore de cette belle journée ensoleillée. Nous remontions en scooter de Singaraja en direction de Bedugul quand, sur la droite, je vis un petit chemin de terre, un chemin qui nous appelait. Nous nous y sommes enfoncés non sans mal jusqu’à vouloir faire demi-tour, nous pensant perdus. Un homme sortit alors d’on ne sait où, nous intimant de nous arrêter là en disant « Air Terjun, Aling Aling ». Nous sommes descendus du scooter et avons suivi le chemin qu’il nous pointait du doigt. 15 à 20 minutes plus tard, au détour d’un grand arbre, de l’eau ruisselait jusqu’à une cascade en contrebas. À gauche, en remontant le petit ruisseau, nous sommes arrivés à un bassin d’eau clair où se déversait une petite cascade jaillissant d’un immense canyon. Des millions de gouttes d’eau filtraient des parois recouvertes de mousse verte que les rayons du soleil venaient sublimer. C’était beau, c’était le paradis.

Desa Sambangan
– Buleleng / Singaraja, Bali nord

Côté Patrimoine, Bali et ses traditions

Bali est cette petite île d’irréductibles Balinais qui résistent encore et toujours à l’envahisseur. Les croyances prédominent ici sur la science. Le divin fait partie intégrante du quotidien. L’hindouisme balinais, teinté d’animisme… (ou devrais-je écrire l’inverse ?) est singulier. Aujourd’hui encore, aucune civilisation ni religion n’a su bouleverser le quotidien des Balinais.
Dans un pays à majorité musulmane, Bali reste unique. Les temples sont ici légion, les cérémonies sont quotidiennes, les offrandes omniprésentes. Les Balinais ne construisent pas dans le temps. Le matériel a si peu d’importance face à l’immatériel, au spirituel. L’héritage de Bali, son patrimoine, est conservé en chacun des membres de la communauté. Le Tri Hita Karana, philosophie balinaise, prône l’harmonie, l’équilibre et le respect entre les humains, avec la nature et avec dieu.

Un incontournable

Les massages

La tradition du massage balinais remonte à des centaines d’années. Les techniques balinaises reposent sur l’ayurvéda et la médecine chinoise afin de soigner le corps et l’esprit. Aujourd’hui, le massage s’est beaucoup développé pour satisfaire le tourisme.
On trouve des salons de massage à tous les coins de rue, et même sur la plage. Les prix varient de 50 000 IDR à 1 000 000 IDR pour une heure de massage. Une adresse que j’aime bien, c’est Sang Spa, à Ubud. Le cadre est sympa, c’est propre et on peut même apprendre à masser en 2 jours de formation. Tant qu’à faire, faites-vous chouchouter et prenez un pack avec gommage, soin des cheveux ou encore mani-pédi.

Sang Spa : 9 h-22 h
À partir de 200 000 IDR pour un soin d’une heure
Jl. Jembawan No. 13B, Desa Padang Tegal – Ubud, Bali centre
www.sangspaubud.com/fr/home-fr

Une adresse insolite

Tumpek

Tous les 35 jours, il y a un Tumpek. Et tous les 210 jours, le cycle des Tumpek recommence. Les Balinais célèbrent alors les biens précieux et leur font des offrandes. Tumpek Landep, c’est la journée des objets en fer. Les Balinais font des offrandes aux couteaux, mais aussi aux voitures, aux réchauds, aux motos… À Tumpek Kandang, c’est le tour des animaux, à Tumpek Wayang, des ombres et des marionnettes, à Tumpek Uduh, des plantes et des arbres, à Tumpek Krulut, des instruments de musique et arts utilisés pendant les cérémonies…

Quand : selon le calendrier balinais / Où : Dans tout Bali

Bali côté Cuisine

À Bali, on mange de tout, à tous les prix et à toute heure. Dans le sud de l’île et à Ubud, de nouveaux restaurants ouvrent chaque jour alors que presque autant mettent la clef sous la porte. Pour se différentier, les restaurateurs mettent le paquet sur l’architecture et l’ambiance, et les cuistots se la jouent fusion, nourriture saine et soignent la présentation des plats. Si bien que l’on ne s’ennuie jamais lorsque l’on sort bruncher, déjeuner ou dîner. On en oublierait presque les restaurants locaux, que l’on appelle warung, qui ne désemplissent pas d’Indonésiens en amour avec leur cuisine. Je vous invite à aller à la découverte des saveurs indonésiennes et balinaises. Jonglez entre ces petits restaurants locaux remplis de charme et d’authenticité et les restaurants du monde plus tendance, qui vous permettent d’accéder à des plats raffinés dans un cadre idyllique et pour des prix rikikis.

L’ incontournable

Nasi campur (nasi tchampur)

Dans la tradition balinaise, et dans beaucoup d’autres îles d’Indonésie, les femmes préparent à manger le matin, puis laissent les plats dans la cuisine. Chacun des membres de la famille vient se servir des petites portions à toute heure. C’est de là que vient le concept du nasi campur . Les warungs , petits restaurants locaux, proposent ainsi plusieurs plats en vitrine, comme un buffet. Vous vous faites servir une portion de riz (nasi ) et vous choisissez parmi les plats ceux que vous souhaitez. Un peu de haricots, un peu de poulet, un peu de tempé … Ainsi, vous pouvez varier les plaisirs. Le nasi campur  est souvent le choix préféré des voyageurs qui ne craignent pas manger de la nourriture restant en vitrine à l’air libre plusieurs heures. Les warungs  proposant le nasi campur  sont nombreux, mais Warung Taman Bambu propose un choix large et une qualité optimale.

Warung Taman Bambu :
9 h-22 h
40 000-80 000 IDR par personne
Jalan Plawa, 10 – Seminyak, Bali sud

Le plus insolite

Keramas Aero Park

Vous ne rêviez peut-être pas de déjeuner dans un avion après 20 heures de vol… l’endroit mérite pourtant le détour. Au milieu des rizières, perché sur des poteaux, une épave de Boeing 737-400 a été aménagée en restaurant. Quelques tables à l’intérieur, d’autres à l’extérieur, si bien que l’on peut y installer plus de 200 personnes. Nombreux sont les Indonésiens qui viennent ici pour faire des selfies . La nourriture n’est pas exceptionnelle, on vient ici pour l’expérience, le cadre et la photo Instagram !

10 h-22 h / Jalan Bay Pass Ida Bagus Mantra KM.28 – Keramas / Gianyar, Bali sud
www.keramasaeropark.com

 

À lire : Bali l’essentiel, par Alexis Encinas

Auteur Nomade expatrié